Montréal, le 15 juin 2015 – Suite à la publication du rapport sur le marché locatif de la Société canadienne d’hypothèques et de logement (SCHL), le Regroupement des comités logement et associations de locataires du Québec (RCLALQ) note la hausse des taux d’inoccupation mais ne peut s’en réjouir dans un contexte où les loyers ont augmenté de 44% depuis 2000. « En l’absence d’un contrôle obligatoire et universel des loyers, un plus haut taux d’inoccupation est loin de garantir l’accessibilité à un logement bon marché, souligne Maude Bégin Gaudette, porte-parole du RCLALQ. Les hausses abusives prennent à la gorge les ménages locataires, qui mettent en péril leurs besoins de base pour payer leur loyer » ajoute-t-elle.

Le droit à un logement accessible et bon marché bafoué

Malgré que le taux d’inoccupation atteigne 3,5% pour l’ensemble du Québec, les grands logements demeurent rares pour les familles dans les grands centres : les taux sont sous le point d’équilibre à Montréal (2,2%) et Québec (2,5%) pour les logements de 3 chambres et plus. Ces mêmes logements sont également chers, les familles de Québec devant payer en moyenne 923$ par mois et celles de Montréal, 920$ en moyenne. « La rareté des grands logements abordables contraint les familles locataires à fréquenter les banques alimentaires ou à s’entasser dans des logements trop petits » s’inquiète la porte-parole.

Le RCLALQ ne partage pas l’hypothèse de la SCHL selon laquelle l’augmentation du nombre de copropriétés en location permet de soulager le marché. « Déjà que les ménages ont du mal à se payer le loyer moyen à 714$, les copropriétés offertes en location à des prix exorbitants sont hors d’atteinte pour la majorité des locataires » s’indigne Mme Bégin Gaudette. Le RCLALQ note que le loyer moyen (pour deux chambres à coucher) dans les grandes villes est au-dessus de la moyenne: Montréal à 742$, Gatineau à 747$ et Québec à 777$.

Hausses de loyer salées lors des déménagements

Le RCLALQ souligne que les propriétaires profitent de la signature d’un nouveau bail pour augmenter les loyers de manière aberrante, au-delà de ce qui serait permis par la Régie du logement. « Non seulement les propriétaires demandent des hausses abusives lors de déménagements, mais ils ne remplissent pas la section G du bail qui devrait indiquer le loyer payé par l’ancien locataire. Cette pratique illégale empêche les locataires de demander à la Régie de fixer le loyer, ce qui est dans leurs droits » explique la porte-parole.

Le RCLALQ considère que le gouvernement doit intervenir dès maintenant en instaurant un contrôle obligatoire et universel des loyers, ainsi qu’un registre des loyers, afin de freiner les hausses abusives. « La logique du marché est complètement déconnectée des besoins et de la capacité de payer des ménages locataires, qui sont chassés de leurs quartier par la gentrification et la spéculation » s’insurge Mme Bégin Gaudette.

Le RCLALQ fait le lien avec l’étude publiée ce matin par Radio-Canada sur le prix des logements en location offerts sur Kijiji qui démontre que, toutes tailles de logement confondus, les loyers sont 45% plus élevés que les chiffres de la SCHL. « Cette étude illustre très bien la nécessité d’un contrôle et d’un registre des loyers pour que cesse la spéculation sur le dos des mal-logés! » plaide la porte-parole.

Le RCLALQ est un organisme de défense et de promotion du droit au logement qui préconise des mesures de contrôle du marché privé, tout en favorisant le droit à l’association et un plus grand accès à la justice pour les locataires. Le RCLALQ porte actuellement sa campagne Assez d’être mal-logé.e.s! pour le droit fondamental à un logement sain, accessible, bon marché et sécuritaire pour tous et toutes.