Montréal, le 28 novembre 2016 – Le Regroupement des comités logement et associations de locataires du Québec (RCLALQ) réagit au rapport sur le marché locatif de la Société canadienne d’hypothèques et de logement (SCHL) afin de rappeler la difficulté croissante des ménages locataires à accéder à un logement en bon état et qui respectent leur capacité financière. « Il ne faut pas se réjouir trop vite des taux d’inoccupation en hausse, car les loyers augmentent beaucoup plus vite que les revenus et les ménages locataires doivent couper dans leurs besoins de base pour payer le loyer. Cette hausse est d’autant plus marquée cette année pour les grands logements » plaide Maxime Roy-Allard, porte-parole du RCLALQ. Le RCLALQ rappelle qu’il revendique l’instauration d’un contrôle des loyers universel et obligatoire et qu’il est du ressort du ministre responsable de l’habitation, Martin Coiteux, de protéger les locataires face aux hausses de loyer abusives.

Taux d’effort et appauvrissement des ménages locataires

Pour l’ensemble du parc de logements locatifs du Québec, le taux d’inoccupation, à 4,4%, demeure pratiquement inchangé comparativement à l’an dernier. « Ce serait une bonne nouvelle si les loyers demeuraient bas, or c’est loin d’être le cas » souligne M. Roy-Allard. Le RCLALQ rappelle que les logements de 2 chambres à coucher sont en hausse partout au Québec. En effet, on note une augmentation de 46% entre 2001 et 2016. « Année après année, les hausses de loyer sont supérieures aux taux d’ajustement de la Régie du logement et accentuent la précarité des ménages locataires », indique M. Roy-Allard.

Notons également que si le taux d’inoccupation est stable, c’est entre autres dû à l’arrivée constante de nombreux condos sur le marché locatif. Les chiffres de la SCHL indiquent que pour la grande région de Montréal, 16% du nombre total de condos sont en locations. Pour la région de Québec, on parle d’environ 11,5%. « Or, les condos locatifs s’adressent à des gens avec plus de moyens qui peuvent se permettre des loyers plus chers. À 1 160$ par mois pour un condo de 2 chambres, soit 400$ de plus qu’un logement conventionnel, il s’agit d’un marché de luxe inatteignable pour de nombreux locataires », souligne Maxime Roy-Allard.

Les grands logements en location : de plus en plus inaccessibles

La situation des logements de trois chambres et plus est particulièrement inquiétante cette année. Dans certains arrondissements, les taux d’inoccupation sont extrêmement bas. Par exemple, dans la grande région de Montréal, les arrondissements de St-Léonard, Ahuntsic-Cartierville, Anjou ainsi que plusieurs municipalités de la Rive-Nord ont très peu de grands logements disponibles.

« Bien qu’en hausse, le taux d’inoccupation des grands logements demeure plus bas que les autres catégories de logement. Conjuguée au loyer élevé de cette catégorie de logement, les familles s’appauvrissent davantage, voire dangereusement, ou choisissent de se loger dans un logement qui ne répond pas à leurs besoins faute de trouver mieux à prix raisonnable » constate le porte-parole.